Chère toi,

Je sais.

Je sais que tu es fatiguée. Fatiguée d’avoir donné le meilleur de toi-même à des hommes qui ne le méritaient pas. Fatiguée d’avoir été patiente, aimante, présente et de t’être retrouvée seule malgré tout ça. Fatiguée d’entendre tous les hommes ne sont pas pareils alors que ton expérience personnelle semble te prouver le contraire, encore et encore.

Je ne vais pas te dire que ta colère est injustifiée. Au contraire tu as raison d’être en colère.

Je ne vais pas te dire que tes sentiments ne sont pas valides; parce qu’ils le sont.

Mais je vais te dire autre chose.

Avant de te le dire, je me permets de te dire la chose suivante. Il te reste 3 choix, le premier tu décides que tu as assez donné, que tu préfères vivre sans homme et que cela te convient alors je te souhaite le meilleur du monde la suite n’est pas pour toi. Le deuxième choix, tu décides de rester en boucle sur toutes tes peines du passé et de continuer à cultiver la haine que tu as pour les hommes, dans ce cas je te conseillerai de trouver de l’aide parce que ce ne sont pas les hommes qui souffrent quand tu fais ça mais bien toi et je pense que tu as assez soufferte. Le troisième choix, tu décides que ton passé ne définit pas ton futur et que tu souhaites trouver l’homme que tu désires et mérites; et mes propos suivants sont pour toi qui faut ce choix.

Je vais te dire quelque chose. Quelque chose que les coachs bienveillants sur les réseaux sociaux n’osent pas toujours dire parce que ce n’est pas ce qui fait des vues. Parce que la vérité inconfortable est rarement virale.

Ta colère est légitime mais elle te coûte. Il y a une différence entre une colère qui libère et une colère qui emprisonne.

La première tu la traverses. Tu la ressens pleinement, tu l’exprimes, tu en tires des enseignements et tu avances. Elle t’apprend des leçons sur toi, sur ce que tu ne veux plus et surtout sur ce que tu veux. Elle est utile. Elle est même nécessaire.

La seconde tu t’y installes. Elle devient ton identité. Elle colore chaque nouvelle relation avant même qu’elle commence. Elle te fait voir des signaux d’alarme là où il y a juste un homme qui est humain donc « pas parfait » qui essaie de faire de son mieux. Elle érige des murs si hauts que même les personnes qui mériteraient d’entrer ne peuvent plus passer.

Et pendant ce temps (pendant que tu es en guerre), ta vie, elle, continue de défiler.

Je ne te dis pas de pardonner ce qui ne mérite pas d’être pardonné. Je ne te dis pas de faire confiance aveuglément. Je te dis juste que la colère est un passage, pas une destination.

Parlons de ces hommes. Honnêtement.

Oui il y a des hommes mauvais. Beaucoup même. Des hommes manipulateurs, menteurs, immatures, incapables d’aimer sainement. Ils existent. Ne laisse personne te dire le contraire.

Mais voilà la question qui dérange, celle que je me suis posée à moi-même avant de te la poser : Comment tu les as choisis?

Pas pour te culpabiliser. Mais parce que pour aller de l’avant et trouver un homme sain; il faut se poser cette question parce c’est dans la réponse que se cache l’information la plus précieuse.

Si tu regardes honnêtement en arrière, il y avait souvent des signaux. Pas toujours clairs; certains hommes sont des maître de l’illusion. Mais souvent certains actes te disait qui il était. Des actes que tu as choisi d’ignorer parce que tu avais envie que ça marche; parce qu’il était séduisant; parce que l’intensité ressemblait à de l’amour; parce que tu pensais pouvoir changer ce qui ne pouvait pas l’être.

Ce n’est pas de ta faute d’avoir espéré. C’est humain. Cependant, comprendre le mécanisme qui t’a menée là, c’est le seul moyen de ne plus y revenir.

Le piège du « tous pareils »

Je comprends d’où vient cette phrase. Vraiment.

Quand tu as été blessée plusieurs fois, de la même manière, par des hommes différents; la conclusion qui s’impose semble être logique. Ce sont eux le problème. Tous.

Mais laisse-moi te proposer une autre lecture.

Si des hommes différents t’ont fait vivre des expériences similaires; la question n’est peut-être pas « pourquoi tous les hommes sont pareils? » mais qu’est ce qui en moi attire ou tolère ce type de comportement? »

Encore une fois ne te méprends pas; ces hommes t’ont fait mal et ce sont eux les responsables; mais ton but étant de ne plus retomber sur ce type de personnes négatives et nocives, tu dois identifier ce qui fait que tu es une cible de choix pour eux.

Cette question est en fait là pour te libérer.

Cette question déplace le pouvoir. Elle te dit que tu n’es pas une victime passive du hasard amoureux; tu es l’artisane de ta vie avec des schémas et des croyances. Les schémas et les croyances se travaillent. Ils se transforment.

Les hommes en général tu ne peux pas les changer. Par contre tu peux changer tes propres mécanismes.

Ce qu’on ne te dit pas pas sur la reconstruction.

Après une blessure profonde (une trahison, une relation toxique, un amour qui s’est terminé en désastre), certains te disent que la meilleure manière de se guérir c’est de trouver un autre amour, ce que je ne conseille pas personnellement, et d’autres t’encourageront à « prendre du temps pour toi ». C’est un bon conseil mais incomplet selon moi.

Prendre du temps pour toi sans en profiter pour te comprendre, c’est juste attendre que la douleur passe. Elle finit par passer, oui. Mais sans que rien n’ait vraiment changé en profondeur. Alors tu repars, avec les mêmes croyances et les même schémas, vers de nouvelles expériences qui finissent par ressembler aux anciennes.

Se reconstruire vraiment, c’est utiliser ce temps seule pour faire un travail que peu de gens font; parce qu’il est exigeant, qu’il demande une honnêteté brutale envers soi-même, qu’il oblige à faire face à des émotions et vérités qu’on préfèrerait ignorer.

Pourquoi j’ai choisi cet homme? Qu’est ce que je cherchais en lui que je n’avais pas en moi? Quelles croyances sur l’amour m’ont amenée à accepter l’inacceptable? Est ce que je m’aime? Est ce que je suis à la hauteur du type d’hommes que je désire vraiment? Est ce que j’ai des traumatismes de mon enfance? Est ce que je sais ce que je veux concrètement? Qu’est ce que cette relation m’a appris sur mes besoins réels?

Ces questions sont difficiles à poser. Y répondre l’est encore plus. Mais le résultat est une personne grandit avec une vision claire.

Tu mérites mieux. Mais mieux commence par toi.

Tu peux mettre en lumière le mal que des hommes de ton passé t’ont fait et travailler aussi sur toi même. Les deux ne sont pas incompatibles. Reconnaitre que ces hommes se sont mal comportés envers toi et examiner ce qui t’a menée vers eux est possible.

C’est comme ça que tu reprends ton pouvoir. Une femme qui se connaît, qui sait ce qu’elle veut, ce qu’elle ne tolérera plus, ce dont elle a besoin pour s’épanouir, ne perd pas son temps avec des hommes qui ne lui correspondent pas. Non pas parce qu’elle est trop parfaite pour eux mais parce qu’elle est lucide.

La lucidité ne s’achète pas sur les réseaux sociaux. Ça ne s’acquiert pas en regardant des vidéos de coachs qui te disent que tu es un trophée et que les hommes doivent mériter ta présence. Oui tu es un trophée, parce n’importe qui ne peut pas avoir accès à la version de toi améliorée, mais la version de toi améliorée veut aussi un homme trophée qui n’est pas accessible à toutes, comme disent les américains pas un homme « who belongs to the streets » (qui appartient à la rue).

La lucidité se construit, lentement, honnêtement en se regardant en face.

Une dernière chose.

Si tu es en ce moment dans une période où tu n’as plus envie d’entendre parler des hommes, c’est super.

Prends ce temps. Guéris. Recentre-toi sur toi, sur tes amies, sur ta famille, sur tes projets, sur tout ce qui te fait te sentir vivante en dehors de l’amour romantique.

Mais pendant ce temps, au lieu de nourrir la haine, nourris-toi toi même. Prie. Lis. Apprends. Bouge. Construis quelque chose qui t’appartient. Travaille sur ton état d’esprit, tes finances, ta psychologie.

La meilleure réponse à ceux qui t’ont blessée, ce n’est pas la guerre ni la haine. C’est de devenir une version de toi qui se connait, qui s’aime, qui a confiance en elle, qui a guérit ses traumas ou en tous cas qui les a identifié et qui y travaille, qui est rempli d’amour et d’optimisme, une version tellement entière, tellement ancrée qu’il n’y a plus de place pour des êtres perdus qui apportent confusion et chaos.

Avec tout mon estime,

Une femme qui est passée par là aussi.

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